• CRITIQUES d'ART

    arts--29-.gif CRITIQUES d'ART

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    Erwan Kerdreux
    errance parisienne au fil des ombres et de la lumière
    (galerie d'Art Mompezat, Paris)
    **
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    L'espace Mompezat est honoré de pouvoir présenter cette exposition
    de belle qualité que nous devons à Erwan Kerdreux. Professeur agrégé en arts
    plastiques, avec à l'origine une formation d'architecte, Erwan Kerdreux
    nous propose au travers de ses aquarelles, une errance parisienne
    se situant principalement sur le thème des places principales.
    Preuve une fois de plus de notre esprit éclectique en cette espace, où nous
    n'hésitons pas les transissions entre l'abstraction la plus informelle
    et la figuration la plus élaborée, la plus construite. En ce sens Erwan impose
    le respect du travail bien éloboré , du métier parfaitement maîtrisée
    et abouti.
    Notre ami est un amoureux inconditionnel des bâtiments , des structures
    d'art, des églises, des beaux édifices, en un mot de la pierre
    et de l'architecture.
    Mais la rigueur des thémes choisis ne laisse en rien transparaître
    un froideur, une rigidité, une absence de vie, bien au contraire , une
    agréable ambiance poétique régne dans chaque oeuvre et permet d'occulter
    partiellement un académisme qui pourrait nuire à la vibration des oeuvres.
    Erwan donne à ces aquarelles souffle de vie , une vibration , l'air
    et la lumiére y circulent. Celui - ci excelle dans les contrastes ,
    les oppositions entre le sombre et la lumiére, il aime jouer avec les ombres
    portées qui réhaussent l'oeuvre en lui restituant une réelle profondeur.
    Pour peu nous pourrions y percevoir les parfums, la fraîcheur du vent,
    l'écoulement d'une fontaine .......
    Le mouvement de la course des nuages qu' affectionne particulièrement Erwan
    car il tient vraiment à moduler le coté construit et rigide
    de ses sujets pour y déposer un rythme à la fois chromatique
    mais également esthétique.
    Cette exposition est une véritable invitation à l'errance parisienne ,
    elle nous donne l'envie de voir ou de revoir des lieux qui nous sont chers
    et que nous connaissons bien, mais avec un autre regard ,
    celui que nous empruntons au peintre.
    Prenez le temps d'admirer une à une ses aquarelles , c'est un véritable
    bonheur, une bouffée de fraicheur, de petits détails précieux
    ,d'anecdotiques et gentilles scénes de rue , un enfant se reposant
    à l'ombre d'un réverbère , un véhicule publicitaire , des touristes amusés
    devant les sculptures mobiles de Niki de Saint Phalle et de Tinguely, une
    passante activant le pas en traversant la route..........et mille autres
    petites arguments du quotidien qui déposent la vie
    sur les oeuvres d'Erwan.
    A priori chez cet artiste tout nous semble simple et évident ,mais peut
    être est il bon de repréciser les difficultes techniques de l'aquarelle,
    mode d'expression qui ne permet aucun droit à l'erreur , avec la peinture
    à l'huile il est toujours possible de revenir, de corriger, de modifier une
    ligne , une couleur, mais avec l'aquarelle il n'en est même pas question,
    un coup de pinceau appliquer et un coup de pinceau fixé ou presque.
    Mais délaissons ici un peu l'aspect technic pour mieux retrouver la
    poésie ,l'émotion, le rêve face aux pages d'histoire ,aux lieux de mémoire
    , laissons flotter notre imaginaire sous la coupole de l'Académie française
    , de la mosquée ,sur le dômes des Invalides , sans oublier d'aller nous
    recueillir un peu à l'ombre de Notre Dame où peut- être rencontrerons nous
    notre Esmeralda........
    Pour l'heure je vous invite surtout à apprécier le travail d'un artiste
    qui immobilise l'instant qui passe , tout en délicatesse et en finesse.
    Ne manquez pas de vous procurer le magnifique petit ouvrage éditer autour
    du théme de cette exposition, il est réellement de qualité, et vous
    permettra ainsi de poursuivre ce beau voyage.

    Michel Bénard
    Lauréat de l'Académie française.

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    Charles Ciccione
    du pêcheur de lumière à l'illusionniste temporel..
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    Aujourd'hui, nous sommes au coeur d'une journée d'une rare qualité,
    un instant prestigieux pour la Société des Poétes Français que de pouvoir
    accueillir sur ses cimaises ,
    les oeuvres d'un trés grand photographe, Charles Ciccione.
    Pous ceux à qui ce nom n'évoquerait rien de particulier,
    sinon sa belle musicalité italienne,
    il me semble nécessaire de restituer la situation dans son contexte.
    Avoir ce privilège de pouvoir découvrir en ce lieu les oeuvres
    de Charles Ciccione équivaut à une rencontre avec l'un des principaux photographes
    du XXème siècle témoin de son temps.
    Un petit survol de son remarquable parcours s'impose,
    avec une carrière de photographe qui débute dès 1932 aprés avoir remporté
    un concours photographique.
    1932 ! ....tout un symbole au prélude sociale en gestation qui explosera en 1936,
    où Charles Ciccione en sera le témoin.
    Trés rapidement son talent de photographe va être reconnu, il travaillera
    vite pour des éditeurs, pour Flammarion entre autres , et peut-être est-ce
    aujourd'hui le petit clin d'oeil d'un retour aux sources, car comme vient
    de me le confier à l'instant un ancien ami de Charles Ciccione,
    il travaillait dans le quartier Latin où nous sommes, et qui était celui
    des plus grands éditeurs.Ainsi nous restons fidèle à la tradition.
    Notre jeune photographe va oeuvrer pour l'illustration de livres,
    il réalisera des portraits d'auteurs, c'est ainsi qu'il fera un reportage
    autour entre autres ,de François Mauriac, Henri Troyat etc,etc.....
    Passionné d'art photographique au plus haut degrés, mais également
    ambitieux par son appartenance à une famille italienne émigrée,
    il va créer son propre laboratoire, et au fil de ses pérégrinations il va
    réaliser des milliers de prises de vues allant du reportage traditionnel
    et scientifique, du portrait et des mariages aussi il faut bien améliorer
    l'ordinaire, jusqu'aux cliches artistiques les plus élaborés et aboutis
    qui vont le révéler au travers des grandes agence de l'époque,
    comme Rapho par exemple et qui vont placer Charles Cicionne parmis les plus grands
    photographes , qui seront souvent ses amis et ses complices tels Doisneau,
    Niepce, Lartigue, Brassaï ,Ronis,Yamashita,Silvester etc etc.....
    Ainsi, ses photographies paraîtront un peu partout, affiches, calendriers
    d'art, pochettes de disques, couvertures de livres....mais aussi dans
    d'importants journaux et revues :" l'Express, Life, Marie Claire, la Vie
    catholique, Match, Le canard enchainé,Science et avenir,
    la liste n'est exhaustive loin s'en faut.
    Souvent aussi il photographiera les oeuvres d'artistes comme le peintre
    Dunoyer de Ségonzac, le sculpteur Paul Belmondo, en vue de réalisation
    de livres d'art. Il exercera également son talent pour le Louvre,
    l'archéologie, et sur diverses thématiques comme Paris ses rues, sa vie,
    Saint germain-des-Prés, la Côte d'azur. Ce sera aussi plus de 1000
    photographies pour les gisants de l'abbaye saint Denis d'où naîtra un
    merveilleux ouvrage et qui déclinera sur une grande exposition
    qui a remporté un très important succès.
    Mais après cet ébouissant parcours qui évolua sur toute sa vie, le bonheur
    nous est donné aujourd'hui de nous rapprocher un peu de ce pêcheur de
    lumière, cet illusionniste temporel. Il a peint la vie au regard de son
    objectif, il a toujours saisi l'instant fugitif, il pérennisa le
    quotidien,reconstituant sous un angle différant les arcanes des chemins
    humains.Tous ses grands photographes sont les archivistes de la mémoires,
    les conservateurs du temps qui réveillent en nous parfois de nostalgiques
    mais combien merveilleuses émotions. C'est véritablement de la poésie,
    l'image survole le verbe, le transcende, elle prend une signification
    universelle, comme avec la musique la barrière de la langue ici n'existe pas.
    N'est il pas poignant de découvrir ces deux philosophes des bancs publics
    débattre sous les étoiles à bâton rompu d'une probable condition humaine.
    Combien est-il touchant ce jardinier sortant de chez Vilmorin et qui
    pourrait trés bien être mon grand-père, essayant sa belle faux toute neuve
    sur les pavés des Grand boulevards. Des touches de souvenirs parsèment
    les cimaises, le romantisme de la Seine ou du canal Saint Martin habillés
    des brumes automnales. Le drame ou l'insouciance de clochards cherchant
    dans le fond d'un litre de vin rouge la chaleur d'un soleil paradisiaque plaçant
    un peu de couleur sur ces destins brisés. Paris, ses rues, ses places à l'époque
    où elles sentaient encore les feux de bûches et de charbon, où
    rémouleurs,vitriers,chanteurs de rue, orgues de barbarie et marchandes
    des quatre saisons donnaient de la voie, des couleurs et des senteurs aux
    lieux populaires. Cétait le temps ou les peintres du Dimanche plantant
    leurs chevalets au chevet de Notre Dame, sur les quais de Seine,
    sur le pont des Arts et sur la butte Montmartre se prenaient pour des Utrillo,
    Lorjou, Dunoyer de Ségonzac ou Picasso........
    Alors un grand merci à Michel Cicione et à ses deux soeurs d'avoir bien
    voulu nous faire l'honneur de nous permettre de présenter
    ces oeuvres merveilleuses de Charles Ciccione qui ont déjà provoqué bien
    d'enthousiasmes et de commentaires éblouis dans cet Espace Mompezat.
    Oui, ces photograpies sont de véritables poésies de vie, elles imposent un
    recul, soulèvent la refexion sur l'aspect éphémère de notre passage sur
    terre, elles sont une résonance qui nous invite à prendre notre essor vers
    la beauté en resacralisant l'image.

    Michel Bénard
    Lauréat de l'Académie française.
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    Jean-Robert Ipoustéguy,
    la sculpture un cri pour la vie.
    ***
    "Laissez moi tourner en méandres mes regards
    Sur le mur en ayant l'air de chercher
    La porte.../..." -
    Ipoustéguy -
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    Au seuil de cette journée inaugurale, profondément symbolique gravitant
    autour de l'impressionnante et boulversante sculpture du "Christ " allant
    bien au-delà des religions, léguée par Ipoustéguy à sa ville natale
    et reflétant parfaitement l'âme de son créateur, à dessin je ne ferai pas
    l'approche analytique et moins encore raisonnée de ce grand artiste
    n'appartenant à aucun courant , sinon celui de son propre génie créateur
    et novateur, d'autres critiques et historiens de l'art l'ont fait bien avant
    et beaucoup mieux que moi. Simplement pour cet hommage qui est rendu
    à Ipoustéguy l'enfant du pays je laisserai parler mon coeur ,mon ressenti au
    regard de l'homme qui était ce merveilleux sculpteur, qui demande que nous
    portions beaucoup plus loin notre regard sur son oeuvre, au delà des apparences.
    Une oeuvre authentique doit être regardée avec le recul de la reflexion
    afin d'être perçue dans toute sa résonance, elle doit vibrer au tréfond
    de l'homme,éveiller sa sensibilité et l'inviter à prendre son essor vers la beauté.
    Ainsi je ne pense pas beaucoup me fourvoyer en optant et en pensant
    que cette formule se rapproche de l'esprit d' Ipoustéguy, qui était avant
    tout un homme de coeur, de poésie au sens étymologique du terme
    et un remarquable humaniste.
    Toute l'oeuvre de sa vie en est le plus précieux témoignage, pas une pièce
    sculptée,dessinée,peinte ou même écrite qui n'en porte pas la signature.
    Peut-être n'est ce pas un hasard si pour pénétrer au mieux l'importance
    de l'oeuvre d'Ipoustéguy, je me suis placé en proximité de la cathédrale de
    Reims, car ici souffle véritablement le sens premier du role de la statuaire,
    initier l'homme à la connaissance universelle et à prendre
    conscience de la signification de la beauté.
    Avec Ipoustéguy nous nous situons certes au coeur d'une oeuvre d'une réelle
    modernité où se multiplient les hardiesses de l'imaginaire créatif
    coutumier à ce dernier, mais l'ensemble demeure toujours teinté
    de symbolisme, de spiritualité et d'humanisme.
    La prise en considération de la condition humaine est omniprésente,
    elle est la sève nourricière de l'oeuvre. L'homme est toujours le point central
    de son cheminement, hommage peut-être inconscient à son ami le sculpteur
    Roger Binne trop vite disparu. La réalisation de sa sculpture " Roger et le
    peuple des morts " nous restitue parfaitement sur le choc intérieur vécu
    par Ipoustéguy lors de la perte de son ami, les éléments architecturaux
    passés, présents forment une sorte de chao mêlés aux fragments humains.
    L'amour est imprégnée dans sont oeuvre, la condition humaine en est
    véritablement la clé. Par son extrême sensibilité, Ipoustéguy développe
    un sens absolu de l'observation, toute la dramaturgie de la vie peut se
    trouver contenue dans la seule expression d'une main, je songe ici plus
    particulièrement à "L'agonie de la mère, ou encore à l'un de ses chefs
    d'oeuvre " La mort de l' évêque Neumann ".
    Pour lui l'homme doit être conduit au delà de son rêve,"L'homme passant
    la porte" démontre la difficulté du parcours de vie, mais s'il parvient à
    franchir le seuil de la porte il peut espérer atteindre d'autres plans.Il y
    a là une force symbolique trés suggérée. Avec un peu d'attention il nous
    devient possible de situer l'esprit d'Ipoustéguy entre la délicatesse de
    ses aquarelles, le raffinement des ses dessins et la puissance
    de ses sculptures,dont la force est d'une rare expression ou inversement
    d'une ébouissante transparence.
    Pour Ipoustéguy l'art se doit de révéler l'homme, de lui rendre sa verticalité,
    "'L'homme" figuré par sa sculpture doit avancer sur le monde
    pour devenir lui même univers,comme pour son "Ecbatane" devenir un mutant
    une sorte de sur-humain au sens ou Nietzsche l'entendait , c'est à dire un homme
    qui se remet de ses blessures, de ses chutes, de ses déchirures et marche
    pour encore mieux franchir encore mieux les portes de l'adversité,
    afin de redevenir le batisseur qui veut retrouver son indentité première
    et reinstaurer un nouveau langage entre lui et le cosmos.
    "Je suis passé de l'intérieur à l'extérieur des choses ." disait Ipoustéguy.
    Il y a dans ses sculptures une véritable magie, une rare transcendance
    ou toutefois la dimension demeure humaine, tout en soulignant la "réalité"
    d'un possible mystére de l'au-delà ou du divin. Nous sommes confrontés
    à un extraordinaire travail de mémoire, un fil rouge, une évolution pratiquement
    programmée de son oeuvre, sorte de prémonition évolutive "logique",
    mais méfions nous de ce mot. La sculpture d'Ipoustéguy a ce privilège
    particulier de restituer l'énigme de l'inconnu.
    Et c'est là qu'interviennent les poètes.La poésie qu'il pratique
    régulièrement est ancrée dans son oeuvre, la "Lecture", le "Livre", il est
    rare que nous ne la percevions pas dans la majeure partie de ses sculptures
    avec deux temps forts trés significatifs,Louise Labé et Arthur Rimbaud. Si
    nous prenons le temps d'approfondir un peu cet aspect lié à la poésie
    il nous apparait qu'une grande partie de toute la thématique d'Ipoustéguy
    soit résumée ici. Chez lui le support du livre est bien la trace du propre cheminement
    de l'homme. Louise Labé c'est une danse aérienne avec le vent, le désir
    charnel, c'est le dialogue d'amour avec l'intemporel où souffle la poésie.
    Arthur Rimbaud lui, c'est "L'homme aux semelles de vent" qui est sans doute
    le plus bel hommage qui fût rendu à ce poéte insaisissable. Arthur Rimbaud
    dont la vie ne fût que dualité, séparations, ruptures de bans,conflits, fuites.
    Arthur Rimbaud à Paris place Teilhard de Chardin, une coïncidence ?
    Non, c'est un véritable clin d'oeil du destin réunissant un rénovateur
    de la poésie, à un rénovateur de la pensée et de la dogmatique chrétienne.
    Pour Ipoustéguy l'art doit reconstruire l'homme, lui restituer sa position.
    "L'homme" d'Ipoustéguy entravé par son destin, veut absolument redevenir
    un bâtisseur, il veut retrouver l'objet de sa destinée initiale. Ipoustéguy
    fait de l'homme une bannière porteuse d'espoir et de devenir " un drapeau pétrifié"
    comme il aimait à dire.
    Ipoustéguy s'est toujours insurgé, révolté contre l'art des faussaires, des usurpateurs qui sont légions, des grands débats aussi stériles qu'insipides sur n'importe quoi réalisés par n'importe qui.
    Cette formulation lapidaire que nous lui devons, résume précisement toute sa lucidité et son amertume
    envers un certain art conceptuel et cette illusoire et absurde nécessité du paraître.
    " Mettez une verrière sur une décharge publique et vous avez
    un musée d'art contemporain." Forts du constat que nous devons faire
    aujourd'hui hélas, comment ne pas abonder dans le sens de ces paroles ! ! !
    Mais rassurons nous, il existe encore beaucoup de vrais artistes,d'authentiques compagnons dont le seul crédo est d'oeuvrer pour le grand, le beau et qui demeurent dans le sillage de guides , de maîtres
    comme Ipoustéguy, Kijno, Zao Wou Ki et bien d'autres. Toute sa vie
    Ipoustéguy a lutté pour restituer à la sculpture la voie qu'elle pouvait perdre, pour que l'art devienne l'ultime chemin d'espérance encore offert à l'homme pour resacraliser la beauté du monde par l'acte de création. Oui, créer, créer, créer pour que l'on assassine plus la beauté ! ! !
    "La terre", représentée par une femme assez charnelle , forte, imposante,une femme féconde évoque parfaitement ce principe même de la création! ! !

    Michel Bénard
    Lauréat de l'Académie française.
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    bogossian-02-1.jpg Gabriel Boghossian
    de la vision à la dérision.
    ***

    L'oeuvre de Gabriel Boghossian est loin de nous être méconnue, et au travers de ses diverses expositions, le sérieux, la constance, l'unité et la qualité lui sont toujours reconnus.Son art s'apparente bien à celui d'un artiste possédant parfaitement la maîtrise de son métier. Mais cela dans l'acte de création ne suffit pas, l'artiste pour devoir devenir artisan va bien au delà. Il doit transmettre à ses oeuvres, ses couleurs, ses formes , ses vibrations intérieures, et lorsque que l'on évolue sur les degrés de Gabriel Boghossian, on doit impérativement se faire visionnaire. C'est bien de cela dont il s'agit avec Gabriel Boghossian.........être visionnaire ! Nous pourrions même avancer sans prendre de grands risques que sa vision contient en elle quelques senteurs prémonitoires. La société humaine n'est le plus souvent qu'une mascarade, une vaste comédie permanente, une satyre porteuse de masques, de grimaces, de caricatures , tout n'est que dérision,nous sommes au coeur d'un gigantesque asile d'aliénés en liberté, et le seul qui se rapproche encore le plus de la vérité est incontestablement
    le bouffon du roi.Cette fabuleuse parade, cette vaste bouffonnerie Gabriel Boghossian avec
    le talent que nous lui connaissons en souligne avec pertinence et lucidité le grotesque. Il en possède tous les ingédients pour nous resituer au centre du sujet simplement en parcourant ses toiles. Son art est la continuité d'une tradition séculaire que ne sauraient nous contester les Bruegel, Bosch,Van der Weyden, Dürer,Cranach ou encore les Ribera, Goya ou même Rodon.......
    Mais bien au dela du prolongement d'un esprit de certaines écoles, il y a chez Gabriel Boghossian des couleurs de prophétie. Son regard de peintre se conjugue à celui  d'un poète qui active l'alarme de ce qui risque de s'affirmer pour être notre devenir, de hordes désidentifiées, de déracinés en errance sur une planète à l'agonie, une terre asséchée, craquelée où l'eau est pratiquement disparue. Certes toute ces ambiances picturales sont quelque peu caricaturales, mais l'humour, la dérision ne sont ils pas les
    meilleurs moyens de dédramatiser une situation trop réelle ? Une possibilité également de sensibiliser les consciences, les générations futures auxquelles le temps est désormais compté et qui peut être pourrons corriger nos graves et sucidaires dérives. Demeurons dans l'obtimisme de voir encore de nombreux artistes de la qualité et de l'envergure de Gabriel Boghossian qui comme tous les alchimistes de la matière donnent par leur foi et leur acte de création une métamorphose à la vie, nous permettent de cotoyer une beauté aux reflets de vérité en ouvrant peut être l'ultime voie qui contient encore une possible espérance pour l'homme.


    Michel Bénard.
    Lauréat de l'Académie française.

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    beaucoup d'autres à venir.......

     

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 5 Décembre 2008 à 11:51
    Bonjour j'ai exposé des oeuvres pour l'inauguration de IPOUSTEGUY, j'ai eu la chance de parler avec lui un matin, fantastique, c'est un sculpteur que j'ai en modéle, il est géant. j'ai aussi un blog "art2piR.artblog.fr ou j'ai posté un poéme en l'hommage de ce sculpteur, qui a boulversé ma démarche artistique bien à vous yann
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